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Coup de pouce pour la filière fruits


Ecrit le 13 juillet 2017 par la province Sud
et illustré par Fabrice Wenger
Coup de pouce pour la filière fruits Fabrice Wenger
Après les ovins, la Politique Publique Agricole Provinciale (PPAP) s’attaque aux fruits. Mercredi 12 juillet, une soixantaine de producteurs de fruits ont été conviés à la pépinière de Port-Laguerre pour une présentation du schéma directeur destiné à développer la filière fruitière en province Sud. Objectif : tendre vers une autosuffisance alimentaire à l’horizon 2025.

«L’ambition visée est de produire localement 16 000 tonnes de fruits par an pour couvrir 75% des besoins ». C’est la prévision annoncée par Antoine Simoni, ingénieur fruits et légumes à Port-Laguerre, lors de la présentation du schéma directeurs des fruits. Les Assises du développement rural en 2014 avaient en effet mis en évidence un taux de couverture de seulement 50% pour la filière fruits. Une enquête menée en mars 2016, auprès d’un panel de 800 personnes dans le Grand Nouméa, révèle que les fruits les plus consommés par les Calédoniens sont : la banane, la pomme et l’orange. C’est sur ces trois productions que le schéma directeur a convenu de mettre l’accent.

Actuellement, 46 kg de fruits sont consommés en moyenne par personne et par an, alors que l’OMS recommande 73 kg. Cette faible consommation est d’autant plus marquante si on la compare à l’Europe où elle atteint 83 kg par personne et par an. L’étude révèle également que la majorité des consommateurs calédoniens préfère consommer des fruits locaux. Quelques améliorations de l’offre doivent cependant être prises en compte. Notamment, au niveau du prix : 88% des personnes interrogées considèrent que le prix des fruits est trop élevé.

Les freins à la production

Les contraintes soulevées lors des Assises du développement rural, pointent notamment un manque de volume de production, d’organisation du marché, de concertation entre l’offre et la demande mais également entre les professionnels d’une même production, de filières de transformation ainsi qu’une main d’œuvre volatile et peu qualifiée. A cela, il faut ajouter des facteurs environnementaux comme les cyclones, les conditions climatiques et la disponibilité de la ressource en eau.

Cependant, des atouts peuvent inverser la tendance, affirme Antoine Simoni : «  Le caractère insulaire de la Nouvelle-Calédonie permet de préserver un environnement phytosanitaire de qualité ». Sans compter la situation géographique qui favorise les relations commerciales avec ses voisins à travers les exportations. De plus, la province Sud, via sa politique agricole, a mis en place des dispositifs et aides pour les agriculteurs.


Antoine Simoni, ingénieur fruits et légumes à la pépinière de Port-Laguerre et Danyèla Salmon responsable du bureau des culture pérennes à la province Sud. 

Un plan d’actions pour développer la filière

Les solutions proposées par la province Sud portent sur la mise en place d’ateliers techniques, avec pour objectif de « favoriser la concertation entre professionnels et de renforcer la filière ». Il a aussi été décidé que la pépinière de Port-Laguerre viendrait en appui à la production de matériel végétal en cas de carence pour approvisionner les producteurs. De plus, la création d’une commission du matériel végétal permettrait de concilier la demande des producteurs avec la production de plants. L’objectif ambitieux de la PPAP est d’atteindre en 2025, 3 500 tonnes de bananes desserts, 2 700 tonnes d’oranges et 1 500 tonnes d’ananas.

Franck Sourry-Lavergne, producteur de fruits à La Foa

« Il y a une volonté de relancer la filière mais il y a des chose encore à affiner et c’est ce que nous verrons en détail lors des ateliers avec les techniciens de la direction du Développement Rural de la province Sud. Parce que les producteurs rencontrent des difficultés et qu’il est nécessaire de réajuster le programme proposé. »

 

 

Michael Sansoni, gérant d'une ferme agroforestière à Dumbéa

« La présentation était intéressante car cela donne une bonne vision des besoins du marché et permet de s’ajuster par rapport à la demande. Je me suis lancé dans l’agroforesterie* l’année dernière, je pense que c’est un mode de production d’avenir. Les informations reçues me sont utiles pour planifier les espèces à planter, afin d’avoir un meilleur rendement. »

 

* L’agroforesterie est un mode d’exploitation des terres agricoles associant des plantations d'arbres dans des cultures ou des pâturages. Une ferme agroforestière est une ferme engagée dans une démarche d'agriculture biologique.

 

 

 

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